Petite réflexion sur l'impermanence : L'art urbain et le droit moral
La spécificité de l'art urbain est d'insérer une œuvre dans un lieu public. Une œuvre qui, d'une certaine manière, s'impose au regardeur à la différence des autres œuvres, livres, films, compositions musicales etc. que le public choisit ou non de rencontrer. Dans la rue, c'est l'œuvre qui vient à la rencontre du public. Souvent, elle véhicule un message, en relation avec son environnement et l'histoire du lieu qu'elle occupe. Parfois, elle investit un mur, une façade sans l'autorisation de la commune ou du propriétaire du bien. L'auteur dispose d'un droit moral sur son œuvre et en particulier d'un droit au respect de son œuvre, un droit perpétuel et imprescriptible. Comment ce droit peut-il s'appliquer alors même que l'œuvre soumise aux intempéries s'efface avec le temps, qu'elle se montre parfois dans un lieu où on ne souhaite pas la voir, a fortiori quand elle énonce des propos que l'on n'a pas envie de lire ...